• Adossé à l’étagère blanche, le plus beau de tous les meubles de l’appartement, il me regardait intensément.

    • _ Allez, vas-y, fais tout ce que tu peux pour que l’on te remarque, pour qu’on voit enfin qui tu es, pour que TU vois enfin qu’il n’y a pas de limites à vivre qui tu es vraiment.

    Je serrais les dents jusqu’à les perdre. J’enfourchais tous les moyens rencontrés, j’apprenais, j’apprenais. En moi, je sentais d’imperceptibles arrêts brutaux, je me relevais, je repartais, je poursuivais, accablée et à la fois résistante aussi.

    Toujours, il était là.

    Toujours et encore le regard obstinément fixé sur moi.

    Dur, impitoyable étaient les mots qui m’envahissaient en le regardant.

    Pourtant il savait, il connaissait ma peur géante, celle de ne pas pouvoir assurer le gouvernement des plus hautes expressions de moi.

    Moi, je savais sa grande résolution.

    Il me fallait y aller,

    Sinon…

    Il me fallait me faire pénétrer par sa puissance au-delà du possible,

    Sinon…

    Ce serait avec toute la douceur dont il était capable, qu’il me transpercerait de sa longue défense, s’y reprenant peut-être jusqu’à cinq fois pour crever mon cerveau. Il reprendrait ma vie, la vie que je n’avais pas la hardiesse d’assumer.

    Ainsi, il me tuerait.

    C’était HAPOOR, l’éléphant-pierre, une  pierre d’Afrique.

     

    De Thierry Duc, Hapoor, éléphant d’Afrique. En un clic

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