• Lire autrement

    le ciel touchait la terre

     

    Celui-là, je l’ai rencontré comme ça.

     Celle-là, s’appelle Denise, elle m’est apparue sous le grand djingobiloba de la mairie. Elle était chargée de bouquins, elle rigolait en nous regardant, nous qui étions dedans.

     L’instant d’après, sans que je n’ai rien demandé, je repartais avec lui : Un pavé ! 600 pages sans aucune illustration !

     

    Moi, j’aime que ce soit court, Baricco, Nothomb, je caracole sur leurs phrases, sur leurs mots comme un cheval fringant, heureuse de partir et d’arriver comme un instantané.

     Il est édité chez Albin Michel ! ça me fait de l’effet. Moi j’écris pour les enfants, la jeunesse du monde nouveau et chez A. Michel, ce n’est pas leur créneau.

     Bon, mais ça m’impressionne.

     Je le tiens tendrement dans mes mains, il est tout blanc avec le nom de l’auteur (un homme) en rouge. Le titre dans la même police que l’auteur, lui, est en noir tout comme la présentation de ce que c’est : Un roman.

     L’auteur, Pierre Lemaitre, sans accent circonflexe sur le i, je ne le connais pas.

     Le titre : Au revoir là-haut, je ne le comprends pas, il ne me laisse rien envisager, bien que Denise m’ait touchée quelques mots du début de l’histoire !

     

    Je rentre, je l’ouvre en commençant par le début. Ce n’est pas dans mes habitudes, quand je choisis un livre sur l’étal du libraire, je bats les pages rapidement accrochant quelques mots par ci par là, quelques bribes de phrases et je prends ou pas. Lui, elle me l’a directement mis dans les mains comme on dit : Top là ! Pour conclure un marché.

     1ère page : Le nom d’une femme, le nom d’un fils. Banal

     2 ième page : Le titre  appartient aux derniers mots d’un homme qui va mourir (le 4/12/1914)  et le au revoir est une promesse de se retrouver bientôt ailleurs. Je comprends qu’il s’agit d’un soldat de 14/18, marié à une épouse.

     

    • J’aime pas la guerre !

     

    3 ième page : Novembre 1918, nous sommes en octobre 2018. 100 ans.

     4 ième page : On y va. Un style rapide, rond tout propre, jeune. Des phrases longues, mais je m’en moque bien tant suivre les mots avec plaisir joie bonheur ne me donne aucune envie d’y voir un point.

     Un roman ! je ne vous cache pas que j’ai la faculté de lire en diagonale et que je ne m’en prive pas. Mais, là ! Je ne veux pas en rater un de ces mots . Bien sûr, l’auteur est un homme, son héros, Edouard, un homme également. Mais je n’ai pas envie de m’y identifier, je vais trouver une femme pour cela. Elle s’appelle Madeleine et je découvre au fil des mots que c’est la sœur d’Édouard. Ainsi, un héros pour les hommes, une héros pour les femmes, c’est mieux. Tous, des personnages grandioses jouent leur rôle à fond.

     Cependant, arrivée en mars 2019, je fais un break, la sensation que pour faire plaisir à Denise je finirai le bouquin, mais en diagonale maintenant.

    Je m’y  remets quelques jours plus tard avec l’intention de lui ramener le livre le prochain jour d’ouverture de la bibliothèque municipale.

    J’attaque en diagonale, je passe des dizaines de pages, je plonge mes yeux dans les mots, dans les noms, je ne me sens pas rassasiée, je dois reprendre avant, non pas, après. Ah ! Que se passe-t-il ?

     Un nouveau break, tant pis je ne ramènerai pas le bouquin tout de suite.

     Je n’y pense plus.

     Je vais arrêter, mais Denise est devant moi, toute rayonnante," top là".

     Mars 1919, je m’y remets, dans l’ordre et, c’est comme un nouvel assaut. Je ne lâche plus ma monture, je chevauche, je trotte, je galope jusqu’au bout.

     Quand on écrit des romans, ils doivent finir, comme au théâtre, le prix de la place est seulement pour la durée du spectacle.

     Il y a quelques années maintenant, j’allais encore parfois, au cinéma. J’avais alors visionné le seul film qui ne m’ait fait rire autant du début à la fin en secouant mon corps de spasmes silencieux à n’en plus pouvoir ! La cité de la peur de Les Nuls, quel nom !

     

    En lisant Pierre Lemaitre, dont je ne connais rien de la vie, au fond de moi s’est maintenu ce grand rire sans émotions, sans bruit, comme le rire d’un cheval me conduisant à travers toutes les prairies de la terre.

     

    Alors, le livre, je vais l’acheter, comme ça, je pourrai le lire et le relire encore, corner les pages, lire en mangeant ou sur l’herbe.

     Lirelire, pour les « livres de Tanguinée ».

     

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